lundi 26 novembre 2012

Santé et habitudes de pensée

"Il y a assez que ça va mal, on va pas en plus s'en faire avec ça!"
Un article fort intéressant de Jacques Lafleur, psychologue, que j'ai lu aujourd'hui. Il y relate entre autres que les optimistes auraient une durée de vie près de 20% plus longue, ce n'est pas rien. Chez l'optimiste, le fait de croire que quelque chose est possible favorise une prise en charge et la mise en oeuvre de moyens pour améliorer une situation donnée. L'impact sur la santé commence là...!

La jalousie, l'anxiété, la colère, les frustrations récurrentes, l'ultra-perfectionnisme, l'envie et autres émotions malsaines engendrent une réponse biologique de déséquilibre en accroissant notamment le fonctionnement du système nerveux sympathique avec les effets pervers engendrés par entre autre une sécrétion anormale de cortisol. Par conséquent, nul ne peut nier que se tourmenter, ressasser les malheurs présents et passés sont des poisons intérieurs néfastes à la santé. En contrepartie, l'optimisme, la capacité à prendre du recul, l'autonomie, la capacité à se relier sainement aux autres, la tendance à la proaction, l'auto-responsabilisation, la générosité, la gratitude, la capacité à apprécier les choses et les gens, l'estime de soi, etc ont certes un impact positif sur la santé. À lire... Cliquer pour agrandir l'article.




mercredi 8 août 2012

Une limitation fonctionnelle... à contrecoups


Lorsqu'on demande d'évaluer une situation de travail afin de s'assurer que les restrictions du travailleur soient respectées, il est de première importance de se placer en "mode solutions". Il est trop facile d'appliquer une règle, sans y mettre de jugement professionnel, voire un peu de bon sens. L'objectif est toujours de maintenir le travailleur en emploi - sachant que le marché du travail n'est pas rose, voire plutôt grisâtre lorsqu'en plus on postule avec l'étiquette de l'accidenté du travail. La limitation fonctionnelle est analysée comme étant un facteur de risque, pas tout bonnement comme une interdiction, de là pourquoi le médecin accole les restrictions presque toujours avec les termes "éviter de..." au lieu de "ne pas ou ne jamais... réaliser telle action".

Dernièrement, je me suis penchée sur la notion de risque du "contrecoups" pour des séquelles d'épicondylite.  Il faut comprendre que le contrecoup, c’est la répercussion d’un impact sur les tissus. Au moment de l’impact, la musculature se contracte proportionnellement à l’ampleur de cette force, et ce, pour contrôler le mouvement et stabiliser la prise sur l’outil. Si les tendons et les muscles sont souples et forts, le muscle dissipera l’énergie emmagasinée. Dans le cas contraire, la musculature étirée (contraction excentrique) peut subir des micros déchirures. Au sein d’une contraction excentrique, la force externe est plus grande que la force interne avec pour réponse un allongement du muscle qui a pour fonction de contrôler la position du membre; ce muscle contracté en position étirée devient alors vulnérable aux dommages[1]. Il est démontré que ce sont les contractions de type « excentriques » qui provoquent le plus de micros déchirures. À titre d’exemples, en présence d’un outil dynamométrique contrôlant le couple de serrage (i.e. outils à torques dans les garages), c’est une force de rotation qui doit être freinée, alors qu’en action de martelage c’est une force dans un axe vertical qui doit être contrée. Plus l’impact est important, plus il y a de chances qu’il soit difficile de contrôler la posture qui va être entraînée dans l’axe opposé, voire notamment exposée à une extension du coude / du poignet et, par conséquent, provoquer un étirement des muscles épicondyliens.

En contrepartie, l’impact peut être réduit de façon volontaire par le travailleur dans certaines circonstances. Par exemples, un plus faible martelage avec un maillet ou un marteau, une préhension sur la portion proximale du manche contrairement à sa portion distale (effet de levier), ou un contrôle par le travailleur de l’impulsion feront en sorte qu’une contraction musculaire moindre sera nécessaire pour freiner le mouvement subi par le contrecoup, et il y aura moins de résonance ressentie à l’avant-bras. La posture du poignet, de l’avant-bras et du coude est alors contrôlée et maintenue dans des angles fonctionnels et c’est davantage les tissus de la main qui absorbent l’impact. Le facteur de risque, notamment pour les troubles aux muscles épicondyliens, en lien avec le contrecoup n’est dès lors plus présent. Oui oui, reste à regarder l'efficacité.. c'est certain, le travail de l'ergonome commence. 

Par conséquent, si on voit un marteau, une pelle, un pic... de grâce pour le travailleur... On se doit de se placer en mode solutions. Il y a sûrement un mode opératoire adapté, un outil plus efficace... ouais faut se creuser le coco. Mais on a été formé pour ça! 


[1] Chaffin, D.B., Andersson, G.B.J. (1999). Occupational Biomechanics, third edition. Wiley-interscience publication. P.38.

jeudi 24 mai 2012

Meulage, ponçage, polissage, finition : vibration certaine, mais en réduire la dose




J’ai assisté hier à une séance d’information sur les outils à main vibrants, donnée par M. Michel Lafond – directeur des ventes chez Dynabrade. Je dois dire que ne regarderai plus ces outils de la même façon…

Il est connu que la vibration, lorsqu’elle dépasse une certaine limite et selon un temps d’exposition significatif, elle représente un facteur de risque pour la santé. Le syndrome vibratoire main-bras (phénomène de Raynaud) en est une conséquence.

Ce que j’ai retenu de cette séance, c’est qu’il y a une myriade de paramètres qui ont une incidence sur l’ampleur de la vibration.

·         Par exemple, sur une sableuse orbitale, la dimension de l’orbite est en fonction du poids de l’outil– balancier moins gros – orbite moins grand – moins vibrants (ex. 3/32) – fini supérieur. Toutefois, c’est plus lent, car l’orbite est plus petit (30 à 50% plus lent). Temps d’exposition accrue. Mais, approprié pour certaines activités.

·         On ne peut changer l’équation entre le pad et le balancier de la plaque vibrante – car impact certain sur la vibration. Balancement – weight mating. Une différence de plus de 5 g aura un impact sur l’ampleur de la vibration. Si les deux composantes sont bien balancées, la vibration demeurera dans les limites du raisonnable. Le fournisseur ici sera d’une grande aide. On ne peut penser qu’à titre d’ergonome, on puisse bien analyser ce paramètre.

·         L’état du pad. Un pad abîmé – inégalité – vibration accrue.

·         Le centrage du spindle (ex. certains produits de piètre qualité, produits endommagés parce que chute de l’objet, etc.). Si « ça ne tourne pas rond », vibration accrue assurée.

·         Entretien :
o   La turbine nécessite une lubrification. Par crainte parfois de contaminer la pièce par une huile, certains travailleurs soustraient l’étape de lubrification. Cependant, le taux de vibration augmente si non lubrifié, car la cage des roulements se réchauffe et les billes se retrouvent dans un environnement qui est modifié. L’outil devrait être lubrifié par 2-3 gouttes régulièrement. La mise en marche pendant environ 1 minute fera sortir l’excédent et évitera toute contamination de la pièce à travailler.
o   Il existe un appareil nommé « Filtre régulateur lubrificateur » (FRL) –installé en permanence sur l’outil. Peut lubrifier plusieurs outils en continue.
o   Certains outils à engrenage – il faut graisser / 40 heures d’ouvrage.
o   Il ne faut pas attendre que l’appareil lâche avant de voir à son entretien. Un programme doit être mis en place.
o   Vérifier auprès de l’entreprise s’il existe un programme d’entretien de l’outillage. Une bonne façon de vérifier, c’est de demander : « Pourrais-je voir quelle sorte de lubrifiant vous utilisez? » Si un point d’interrogation s’affiche, dites-vous que ça ne fait pas partie de leurs habitudes!

·         Qualité de l’outil – la force
o   Nombre de tours max/minute
§  Mix and match – ne pas placer un accessoire dont le nombre de tours/minutes est inférieur à la vitesse de l’outil, ni un accessoire trop lourd sur un outil non adapté.
·         Risque d’éclatement de l’accessoire.  
·         Calibration déficiente et vibration accrue.

·         Gaine isolante sur le manche (pour réduire le bruit et la vibration)
o   Matériau isolant (intérieur et extérieur) – certains outils ont un manche qui apparaît « ergonomique »  mais aucun isolant à l’intérieur. Effet sur l’ampleur de la vibration. Cosmétique accru ne veut pas dire qualité accrue.

·         Raccordement de l’outil au tuyau d’air  - état
o   Perte d’air – amplifie la vibration

·         Électrique vs pneumatique
o   Électrique
§  plus lourd
§  Prise plus grosse
o   Air :
§  Plus efficace, mais regarder la pression de l’air, i.e. tuyau de ½ po diamètre peut être suffisant – mais regarder le compresseur, l’état, la pression.
·         Pression de 90 Pied cube d’air/minute
·         Volume d’air peut dépendre du compresseur, réseau d’air, diamètre de tuyau, longueur du tuyau,
(Réseau d’air ouvert versus à ramification)

Un aparté sur le bruit, le froid, source également d’inconforts :
·         L’outil devrait se conformer aux normes ANSI pour le bruit.
·         Ajout d’un revêtement de tuyau « Over hose »
o   Diminution de 5 Db
o   Peut cacher la sortie d’air qui crée un courant d’air sur l’avant-bras
·         Vérifier le silencieux sur l’outil – le silencieux aide aussi à réguler la vitesse de l’outil – si on le retire, l’air passe directement – donc plus bruyant, mais surtout ça augmente la vitesse (certaines entreprises vont l’enlever pour cette raison). Si on dépasse la vitesse maximale de l’outil, on le rend non conforme et on l’use prématurément, en plus d’exposer à un risque d’éclatement de l’accessoire.

·         Le froid (air comprimé=froid) – penser à isoler la sortie d’air par le revêtement de tuyau.

Outre la vibration, l’effort exercé a également un impact sur les risques pour la santé :
·         Tuyau : poids, rigidité
o   Effet de tirage
o   Flexibilité plus grande du tuyau peut parfois le rendre moins durable, mais ce tuyau sera plus léger, plus maniable.

·         Un outil plus lourd, mais plus performant, réduit l’exposition et le facteur de risque. À réfléchir sur le coût bénéfice.

·         Raccord - collet pivotant (mais ne fonctionne pas avec les outils à impact). Permet de manier l’outil sans « se battre » avec le tuyau.

·         CEJN (un bidule qui s’ajoute…)– pour maintenir la force sous charge de travail – fait passer plus d’air. Impact sur le temps d’exposition.

·         Temps d’exposition avec l’outil
o   Force brute de l’outil
o   Plus l’abrasif est haute gamme, plus est important de maintenir le RPM sous charge de travail. Mais doit être placé sur un outil adapté à sa vitesse de travail pour obtenir le résultat escompté.

Autre spécifications à regarder sur l’outil :

·         La gâchette est sur le dorsum du manche. La gâchette est conçue pour être enfoncée complètement. C’est donc la paume qui appuie sur la gâchette et non le doigt avec les risques de TMS que ça peut engendrer.

·         Garde (selon ANSI)
o   Pas pour abrasif de fibre, (sableuse)
o   Obligatoire : (ex. meuleuse)
§  Pour pierre, meule à découper, type 27,
§  moyeu surélevé – car le risque d’éclatement est plus élevé : ex. disque à lamelles

Et aussi, si on applique une pression trop forte sur la sableuse orbitale, on obtient seulement les orbites, on n’a plus la rotation du pad – donc on réduit l’efficacité.
o   il faut mettre la pression juste suffisante.
o   Tout en vérifiant le mix and match – toujours.
o   Bon abrasif, bon outil avec la bonne force, bonne pression.

Conseil : En cas de doute… Demandez au fournisseur de vérifier l’outillage… être ergonome, c’est aussi voir ses limites.

mardi 15 mai 2012

L'importance des points d'appui

Le bras, à lui seul, représente 5,5% du poids corporel. C'est facilement 3 à 4 kg pour une femme moyenne. Si j'effectue une activité manuelle et que je n'ai jamais la possibilité de venir prendre appui avec le coude, la paume, c'est la musculature de l'épaule et de la ceinture scapulaire qui doit s'astreindre à ce travail de maintien de l'articulation. Une sollicitation musculaire statique continue peut être très astreignant. L'importance des micropauses prend alors tout son sens. Cependant, dans certaines activités où le travailleur n'a pas le contrôle du déroulement de l'activité, voire de la prise de micropauses lorsque le corps le requiert et le crie, le point d'appui est crucial pour un relâchement musculaire.

Ce n'était pas la première fois que je rencontrais ce défi chez l'assistante dentaire. Le tabouret standard de l'assistante avec l'appui abdominal n'est pas apprécié par toute et confine le coude à être appuyé trop près d'elle, si elle choisit de s'y appuyer. Certaines l'utilisent comme appui lombaire et n'ont alors plus d'appui pour les coudes, d'autres trouvent cet appui abdominal encombrant. Mais encore... je ne voudrais pas mentionner que ce type de tabouret est à bannir, car au contraire plusieurs assistantes l'adorent et ne s'en passeraient pas. À chacun chaussure à son pied, comme on dit. D'ailleurs, maintenant, plusieurs modèles existent et il y a eu de l'amélioration au niveau du design de ce type d'appui.

Les déterminants de la posture de l'assistante varient entre autres en fonction de la position du client, la zone visée dans la bouche, le type de fauteuil-client et la capacité d'y insérer les jambes sous la têtière, la hauteur du fauteuil-client choisie en concordance avec la façon de travailler du dentiste mais aussi de sa taille. L'assistante se rapproche le plus près possible, mais il est parfois difficile de garder les coudes près de soi.


Les accoudoirs mobiles sont certes une judicieuse idée. En réglant la tension de l'accoudoir, celui-ci suit l'assistante dans ses actions. Ce tabouret de type "selle" permet d'écarter légèrement les cuisses pour encourager la position "jambes entrecroisées" sous la têtière du fauteuil-client. Le pivot réglable de l'assise évite que l'assistante ne glisse vers l'avant, ce qui est le cas si on s'assoit sur le bout du tabouret. Cette position assise encourage l'appui lombaire sur lequel une portion du poids corporel y est porté.



Ce métier est un travail de précision et on veut sentir non seulement le dentiste, mais également notre assistante bien détendue lorsqu'on se retrouve entre ses mains, non?


samedi 11 février 2012

TEXTOS et maux de tête?

Pour téléphoner ou pour taper un SMS, la position de la colonne vertébrale n'est pas bonne. © Andrey Arkusha/Shutterstock.com
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La tête pèse de 4 à 5 kg. Lorsque la colonne cervicale est en flexion, les muscles extenseurs du cou doivent contrer la gravité lorsqu'on "pitonne" sur notre téléphone. Trop c'est trop ? Fatigue musculaire, puis s'ensuivent des douleurs. Une sollicitation statique prolongée de ce groupe musculaire, en plus de celui des épaules peut occasionner non seulement des douleurs au cou et aux épaules, mais des maux de tête. Les filles sont plus à risque, car le cou est souvent plus fin, c'est une question de mécanique: un poids qui tient sur un cure-dent  le met beaucoup plus à risque que s'il était un madrier. Logique.



Parce que même si on dit: "il faut que j'arrête"! Entre vous et moi... ok vous m'avez compris? Par conséquent, pour réduire le risque, vaudrait mieux trouver une surface sur laquelle on peut appuyer les coudes puis hausser l'écran du téléphone à la hauteur des yeux. Encore une fois, ça ne veut pas dire qu'adopter cette posture  pendant des heures soit recommandable, on s'entend! Mais c'est déjà beaucoup moins contraignant. Par conséquent, pour vos petits mots doux (et les moins doux), prenez le temps de vous installer.



lundi 16 janvier 2012

L'ergonomie - Entrevue à la radio avec la présidente de l'ACE

Cliquez ici pour écouter l'extrait
J'aime beaucoup l'émission de Dominique Poirier. Quand je suis sur la route en après-midi, je syntonise "L'après-midi porte conseil". Mme Poirier traite une myriade de sujets, mais j'avais loupé cette chronique avec Liette Latendresse, notre présidente de l'Association canadienne de l'ergonomie, section Québec. Une très belle description qui va au-delà de la souris dite "ergonomique". Les réglages, les habitudes de vie, les micropauses, les ajustements mineurs personnalisés, les aspects cognitifs, Mme Latendresse ratisse très large en 10 minutes. Excellente prestation. Bravo!

Manutention nomenclature

Informations utiles ici sur la nomenclature pour différents appareils de levage - tiré du site Préventica:





mardi 3 janvier 2012

Les soins aux patients obèses

Tirée du site de l'ASSTSAS

L'Association paritaire pour la santé et la sécurité des travailleurs du secteur affaires sociales (ASSTSAS) a publié une document visant l'autonomie des personnes obèses et les techniques sécuritaires pour prodiguer les soins bariatriques. C'est un défi de plus en plus présent dans le milieu hospitalier. C'est donc avec enthousiasme que j'ai survolé ce document qui offre des moyens de pallier aux déplacements des bénéficiaires de plus de 135 kg sans que le personnel soignant ne s'expose à des risques pour leur santé. Le choix du lit, l'hygiène, l'élimination et l'utilisation des équipements de transferts sont traités. Ce document se veut un complément des publications sur les Principes de déplacements sécuritaires des bénéficiaires (PDSB). Encore une fois, le travail de l'ASSTSAS se doit d'être salué. Si vous ne connaissez pas encore ce site et êtes intéressés par le domaine hospitalier et les garderies (centre de petite enfance), sachez que vous pouvez y trouver des tonnes d'informations. Ce site regorge d'enseignement et d'informations techniques qui visent la santé des travailleurs de ce secteur. Bonne lecture! 




...Et j'en profite pour vous souhaiter une bonne année 2012 avec pour seule résolution de vous accepter tel que vous êtes: Comme le dit si bien Rose-Marie Charest, psychologue et présidente de l'Ordre des psychologues du Québec, vaut mieux prendre le temps de réfléchir et se poser les bonnes questions:
 «Sur quoi ai-je le contrôle? Qu'est-ce que je voudrais améliorer dans ma vie personnelle? Où en sont mes choix de relations? Ma carrière? Mon travail? Voilà une approche plus positive que d'entreprendre un combat contre soi-même
Axer sur ses forces plutôt que sur ses faiblesse: On appelle ça de la sagesse! Merci Mme Charest de nous le rappeler!
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