jeudi 24 mai 2012

Meulage, ponçage, polissage, finition : vibration certaine, mais en réduire la dose




J’ai assisté hier à une séance d’information sur les outils à main vibrants, donnée par M. Michel Lafond – directeur des ventes chez Dynabrade. Je dois dire que ne regarderai plus ces outils de la même façon…

Il est connu que la vibration, lorsqu’elle dépasse une certaine limite et selon un temps d’exposition significatif, elle représente un facteur de risque pour la santé. Le syndrome vibratoire main-bras (phénomène de Raynaud) en est une conséquence.

Ce que j’ai retenu de cette séance, c’est qu’il y a une myriade de paramètres qui ont une incidence sur l’ampleur de la vibration.

·         Par exemple, sur une sableuse orbitale, la dimension de l’orbite est en fonction du poids de l’outil– balancier moins gros – orbite moins grand – moins vibrants (ex. 3/32) – fini supérieur. Toutefois, c’est plus lent, car l’orbite est plus petit (30 à 50% plus lent). Temps d’exposition accrue. Mais, approprié pour certaines activités.

·         On ne peut changer l’équation entre le pad et le balancier de la plaque vibrante – car impact certain sur la vibration. Balancement – weight mating. Une différence de plus de 5 g aura un impact sur l’ampleur de la vibration. Si les deux composantes sont bien balancées, la vibration demeurera dans les limites du raisonnable. Le fournisseur ici sera d’une grande aide. On ne peut penser qu’à titre d’ergonome, on puisse bien analyser ce paramètre.

·         L’état du pad. Un pad abîmé – inégalité – vibration accrue.

·         Le centrage du spindle (ex. certains produits de piètre qualité, produits endommagés parce que chute de l’objet, etc.). Si « ça ne tourne pas rond », vibration accrue assurée.

·         Entretien :
o   La turbine nécessite une lubrification. Par crainte parfois de contaminer la pièce par une huile, certains travailleurs soustraient l’étape de lubrification. Cependant, le taux de vibration augmente si non lubrifié, car la cage des roulements se réchauffe et les billes se retrouvent dans un environnement qui est modifié. L’outil devrait être lubrifié par 2-3 gouttes régulièrement. La mise en marche pendant environ 1 minute fera sortir l’excédent et évitera toute contamination de la pièce à travailler.
o   Il existe un appareil nommé « Filtre régulateur lubrificateur » (FRL) –installé en permanence sur l’outil. Peut lubrifier plusieurs outils en continue.
o   Certains outils à engrenage – il faut graisser / 40 heures d’ouvrage.
o   Il ne faut pas attendre que l’appareil lâche avant de voir à son entretien. Un programme doit être mis en place.
o   Vérifier auprès de l’entreprise s’il existe un programme d’entretien de l’outillage. Une bonne façon de vérifier, c’est de demander : « Pourrais-je voir quelle sorte de lubrifiant vous utilisez? » Si un point d’interrogation s’affiche, dites-vous que ça ne fait pas partie de leurs habitudes!

·         Qualité de l’outil – la force
o   Nombre de tours max/minute
§  Mix and match – ne pas placer un accessoire dont le nombre de tours/minutes est inférieur à la vitesse de l’outil, ni un accessoire trop lourd sur un outil non adapté.
·         Risque d’éclatement de l’accessoire.  
·         Calibration déficiente et vibration accrue.

·         Gaine isolante sur le manche (pour réduire le bruit et la vibration)
o   Matériau isolant (intérieur et extérieur) – certains outils ont un manche qui apparaît « ergonomique »  mais aucun isolant à l’intérieur. Effet sur l’ampleur de la vibration. Cosmétique accru ne veut pas dire qualité accrue.

·         Raccordement de l’outil au tuyau d’air  - état
o   Perte d’air – amplifie la vibration

·         Électrique vs pneumatique
o   Électrique
§  plus lourd
§  Prise plus grosse
o   Air :
§  Plus efficace, mais regarder la pression de l’air, i.e. tuyau de ½ po diamètre peut être suffisant – mais regarder le compresseur, l’état, la pression.
·         Pression de 90 Pied cube d’air/minute
·         Volume d’air peut dépendre du compresseur, réseau d’air, diamètre de tuyau, longueur du tuyau,
(Réseau d’air ouvert versus à ramification)

Un aparté sur le bruit, le froid, source également d’inconforts :
·         L’outil devrait se conformer aux normes ANSI pour le bruit.
·         Ajout d’un revêtement de tuyau « Over hose »
o   Diminution de 5 Db
o   Peut cacher la sortie d’air qui crée un courant d’air sur l’avant-bras
·         Vérifier le silencieux sur l’outil – le silencieux aide aussi à réguler la vitesse de l’outil – si on le retire, l’air passe directement – donc plus bruyant, mais surtout ça augmente la vitesse (certaines entreprises vont l’enlever pour cette raison). Si on dépasse la vitesse maximale de l’outil, on le rend non conforme et on l’use prématurément, en plus d’exposer à un risque d’éclatement de l’accessoire.

·         Le froid (air comprimé=froid) – penser à isoler la sortie d’air par le revêtement de tuyau.

Outre la vibration, l’effort exercé a également un impact sur les risques pour la santé :
·         Tuyau : poids, rigidité
o   Effet de tirage
o   Flexibilité plus grande du tuyau peut parfois le rendre moins durable, mais ce tuyau sera plus léger, plus maniable.

·         Un outil plus lourd, mais plus performant, réduit l’exposition et le facteur de risque. À réfléchir sur le coût bénéfice.

·         Raccord - collet pivotant (mais ne fonctionne pas avec les outils à impact). Permet de manier l’outil sans « se battre » avec le tuyau.

·         CEJN (un bidule qui s’ajoute…)– pour maintenir la force sous charge de travail – fait passer plus d’air. Impact sur le temps d’exposition.

·         Temps d’exposition avec l’outil
o   Force brute de l’outil
o   Plus l’abrasif est haute gamme, plus est important de maintenir le RPM sous charge de travail. Mais doit être placé sur un outil adapté à sa vitesse de travail pour obtenir le résultat escompté.

Autre spécifications à regarder sur l’outil :

·         La gâchette est sur le dorsum du manche. La gâchette est conçue pour être enfoncée complètement. C’est donc la paume qui appuie sur la gâchette et non le doigt avec les risques de TMS que ça peut engendrer.

·         Garde (selon ANSI)
o   Pas pour abrasif de fibre, (sableuse)
o   Obligatoire : (ex. meuleuse)
§  Pour pierre, meule à découper, type 27,
§  moyeu surélevé – car le risque d’éclatement est plus élevé : ex. disque à lamelles

Et aussi, si on applique une pression trop forte sur la sableuse orbitale, on obtient seulement les orbites, on n’a plus la rotation du pad – donc on réduit l’efficacité.
o   il faut mettre la pression juste suffisante.
o   Tout en vérifiant le mix and match – toujours.
o   Bon abrasif, bon outil avec la bonne force, bonne pression.

Conseil : En cas de doute… Demandez au fournisseur de vérifier l’outillage… être ergonome, c’est aussi voir ses limites.

mardi 15 mai 2012

L'importance des points d'appui

Le bras, à lui seul, représente 5,5% du poids corporel. C'est facilement 3 à 4 kg pour une femme moyenne. Si j'effectue une activité manuelle et que je n'ai jamais la possibilité de venir prendre appui avec le coude, la paume, c'est la musculature de l'épaule et de la ceinture scapulaire qui doit s'astreindre à ce travail de maintien de l'articulation. Une sollicitation musculaire statique continue peut être très astreignant. L'importance des micropauses prend alors tout son sens. Cependant, dans certaines activités où le travailleur n'a pas le contrôle du déroulement de l'activité, voire de la prise de micropauses lorsque le corps le requiert et le crie, le point d'appui est crucial pour un relâchement musculaire.

Ce n'était pas la première fois que je rencontrais ce défi chez l'assistante dentaire. Le tabouret standard de l'assistante avec l'appui abdominal n'est pas apprécié par toute et confine le coude à être appuyé trop près d'elle, si elle choisit de s'y appuyer. Certaines l'utilisent comme appui lombaire et n'ont alors plus d'appui pour les coudes, d'autres trouvent cet appui abdominal encombrant. Mais encore... je ne voudrais pas mentionner que ce type de tabouret est à bannir, car au contraire plusieurs assistantes l'adorent et ne s'en passeraient pas. À chacun chaussure à son pied, comme on dit. D'ailleurs, maintenant, plusieurs modèles existent et il y a eu de l'amélioration au niveau du design de ce type d'appui.

Les déterminants de la posture de l'assistante varient entre autres en fonction de la position du client, la zone visée dans la bouche, le type de fauteuil-client et la capacité d'y insérer les jambes sous la têtière, la hauteur du fauteuil-client choisie en concordance avec la façon de travailler du dentiste mais aussi de sa taille. L'assistante se rapproche le plus près possible, mais il est parfois difficile de garder les coudes près de soi.


Les accoudoirs mobiles sont certes une judicieuse idée. En réglant la tension de l'accoudoir, celui-ci suit l'assistante dans ses actions. Ce tabouret de type "selle" permet d'écarter légèrement les cuisses pour encourager la position "jambes entrecroisées" sous la têtière du fauteuil-client. Le pivot réglable de l'assise évite que l'assistante ne glisse vers l'avant, ce qui est le cas si on s'assoit sur le bout du tabouret. Cette position assise encourage l'appui lombaire sur lequel une portion du poids corporel y est porté.



Ce métier est un travail de précision et on veut sentir non seulement le dentiste, mais également notre assistante bien détendue lorsqu'on se retrouve entre ses mains, non?


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